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Rencontre avec Elizabeth Chai Vasarhelyi, le Talent derrière “Youssou Ndour: I bring What I Love”

Après avoir remporté la 1ère place et gagné son premier Prix du Meilleur Réalisateur au Festival du Film de Tribeca 2003, à seulement 24 ans, Elizabeth Chai Vasarhelyi déclarait que ce qu’elle voulait faire prochainement, c’était de “réaliser un film édifiant sur l’Afrique et pensait ainsi  que la musique serait une façon de le faire.” Et qui d’autre pouvait elle choisir, apart la plus grande sensation musicale Africaine de tout temps, le légendaire et unique, Youssou Ndour.
 

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A travers le portrait de ce grand musicien Sénégalais appelé souvent le “Bono” de l’Afrique, Chai séduit son public sur la vraie marque d’un document biographique en touchant ceux qui ne connaissent pas vraiment l’artiste et en offrant un grand cadeau pour les millions de fans de Youssou. C’est avec un grand plaisir et une grande fierté au sujet de ses réalisations que je vous présente, Chai, le génie qui se cache derrière le film “Youssou Ndour: I Bring What I Love”. Dans le cadre de cette interview exclusive qu’elle a accordé à Jamati, Chai nous parle de son origine,  de sa passion pour les films, de son nouveau documentaire primé et de ses projets futurs.

 Jamati: Parlez-nous de vous-Qui est Elizabeth Chai Vasarhelyi? (Votre origine, vos études et votre expérience professionnelle)

Chai: J’ai grandi entre la ville de New York et Rio de Janeiro. Je suis diplômée de l’Université de Princeton en 2000 avec une licence en littérature comparée. J’ai fait mon début dans le monde du documentaire en dirigeant ” A Normal Life “ en 2003. Un projet que j’ai commencé durant ma dernière année à Princeton, le film se concentre sur les jeunes Kosovars qui ont atteint la majorité au cours de la récente guerre. “A Normal Life”, a remporté le Prix du meilleur documentaire au Festival du Film de Tribeca 2003.  
 
Jamati: Qu’est-ce-qui vous a inspiré à devenir réalisatrice? 

Chai: Je crois qu ‘un film peut communiquer le plus d’informations en un minimum de temps. Je voulais vraiment faire connaitre des histoires comme celle de Youssou. 

Jamati: Comment avez-vous réussi à entrer dans la direction et la production de films?  

Chai: J’ai commencé à diriger quand j’étais étudiante à l’université. 
 
 Jamati: Qui sont vos mentors et influences?

Chai: Mike Nichols, Jonathan Demme, Michael Winterbottom, Ousmane Sembene, Chris Marker.

 Jamati: Parlez nous de votre dernier film ” Youssou Ndour: i bring what i love” , de quoi s’agit-il?n99254469456_34801.jpg
 
Chai: “Youssou Ndour: I Bring What I Love” parle de Ndour, un pieux musulman soufi, qui a sorti un album très personnel et religieux du nom d’ ”Egypt”, dans l’espoir de promouvoir un visage tolérant de l’islam. Il s’introduit dans le domaine vénéré de chanteurs religieux traditionnels. Presque instantanément, ses compatriotes Sénégalais rejettent l’album, et dénoncent ses actes. Les marchands retournent rapidement leurs copies et Ndour est aussitot le centre de la controverse. Chai Vasarhelyi, directrice, suit Ndour sur plus de deux ans- en filmant en Afrique, en Europe et en Amérique, pour raconter son histoire à savoir comment il a fait face à ses défis et comment il  est parvenu finalement à gagner son public, tant au pays qu’à l’étranger.
 
Jamati: Qu’est-ce-qui vous a fait décider à faire le film? Comment ça était de travailler avec le légendaire Youssou Ndour? 

Chai: Après “A Normal Life”, un documentaire que jai fait avec un ami sur les Albanais du Kosovo et ce qui s’est passé après la guerre, j’ai voulu changer de direction. J’ai passé plusieurs mois à Londres à travailler pour Mike Nichols sur “Closer” et quand j’étais au Royaume-Uni, un ami m’a introduit à la musique de Youssou Ndour. Je ne comprenais pas un mot de ce qu’il chantait et ce n’était pas important. Ce fut magique. Cela m’a donné l’idée de ce grand, beau film sur l’Afrique. 
 
Jamati: Quel est le message que vous avez voulu transmettre à travers ce film?

Chai: En plus de les introduire à mon ami Youssou Ndour, j’espere que les gens découvriront quelqu’un de nouveau, qu’ils auront une plus forte appréciation de l’islam et le rôle que joue la musique dans la culture d’Afrique de l’Ouest. En même temps, je voudrais juste aussi qu’un public s’asseye et apprécie ce que je pourrais considerer comme une performance musicale  de l’Afrique contemporaine.
 
 Il s’agit d’un film sur la conscience, la foi, et tout simplement faire ce qui est bon. Quel que soit votre éducation religieuse ou vos goûts musicaux, voici un artiste qui a dû prendre une décision,pour faire face aux conséquences et apporter un changement. Dans le processus, il est enfin récompensé sur la scène mondiale. J’espère qu’une jeune femme aux États-Unis se reliera à ceci aussi intensément qu’une étudiante en religion en Égypte.
 
chai71.jpgJamati: Le film “Youssou Ndour: I Bring What I Love” est tiré de l’album  trés personnel et religieux “Egypt” de Ndour. A t-il était difficile de montrer à travers le film une plus tolérante facette de l’Islam? Comment avez-vous surmonté cela?
 
Chai: Quand j’ai écouté l’album ”Egypt” pour la première fois, cela ma secoué. C’était radicalement différente du “sexy”, rythmique mbalax qui a rendu Youssou célébre . Et, de sortir l’album 2 années après le 11 Septembre, c’était vraiment brave. Je ne crois pas que personne savait exactement comment le public allait réagir. J’étais plus préoccupé par la manière dont l’Occident serait face à un album musulman. Compte tenu de la politique de religion, je pensais que le portrait de Youssou sur un islam tolérant était une bonne alternative. Je ne m’était pas concentré sur la façon dont elle pourrait être comprise au Sénégal. Comme vous le savez, Youssou est le fils prodige du Sénégal et le Sénégal est une véritable société tolérante. Alors oui, bien évidemment, j’ai été tiré sur les éléments controversés de cet album, mais je n’avais aucune idée que la plupart des troubles créés par la publication serait concentré dans son pays d’origine. Ce qui s’est passé au Sénégal a été beaucoup plus difficile et plus personnel que ce que j’avais prévu. En fin de compte, “Egypt” a présenté un tournant artistique dans la vie de Youssou, quelque chose que j’ai été heureuse de capturer.
 
 Jamati: Le film a été diffusé en premières à Telluride. Quels sont les autres endroits ou vous avez tourné? Avez-vous eu la chance de vous rendre dans quelques pays d’Afrique?  Comment a été cette expérience? 

Chai:  J’ai tourné ce film durant trois ans et j’ai eu le privilège de travailler avec quatre merveilleux caméramans. Nous avons filmé à travers l’Europe, l’Afrique de l’Ouest, en Amérique, en Égypte, au Maroc, Live 8 (3 pays en une journée) et en Asie. Je ne sais pas comment Youssou fait . Au cours du tournage, j’ai probablement passé une bonne année au Sénégal. Je suis essentiellement devenu un membre de la bande. Pour préserver l’intimité de ce projet, j’ai voulu garder une petite équipe et nous voyagions souvent par deux: un caméraman et moi-même

Jamati: Vous avez gagné le respect du Grammy  Award Youssou Ndour, artiste Africain le plus célébre de tous lesyoussou51.jpg temps, qui a collaboré avec des superstars musicales comme Bono, Peter Gabriel et Neneh Cherry. Comment expliquer son enthousiasme par rapport à votre travail? 

 Chai: Je peux pas parler pour Youssou, mais je pense que ce fut plutôt une expérience intense pour lui. “I Bring What I Love” révèle un aspect de sa vie qui sera nouveau aux Sénégalais. L’authenticité des images de Youssou, dans les loges du “Maestro” à Carnegie Hall est beaucoup plus intime que la manière dont il est normalement représenté pour ses compatriotes. Tout le long, Youssou a été très respectueux dans le processus d’édition et n’était pas intéresser à entrer dans ce domaine. Il a respecté mon processus et j’ai apprécié cela.
 
Jamati: “Youssou Nd’our: I Bring What I love ” a remporté plusieurs prix. L’un d’eux a été le prix spécial du jury à Abou Dhabi. Félicitations. Quel est votre sentiment quand vous voyez votre travail recueillir des éloges.

Chai: Cela fait vraiment plaisir de voir le public bien répondre au film.
 
Jamati: Qu’est-ce que Chai fait pour se détendre? Quel genre de musique aimez vous? 

 Chai: Je pense que vous connaissez déjà la réponse…. Youssou. J’aime aussi Clash, Ali Farka Toure, Mary J. Blige, Habib Kuote 
 
Jamati: Quel est l’événement qui a marqué votre esprit dans l’histoire de l’Afrique ?
 
Chai: La fin de l’apartheid en Afrique du Sud

02_vasarhelyi.jpgJamati: Si vous devriez rencontrer 3 personnes Africaines célèbres ou pas. Qui seront-ils ou elles?  

Chai: Mandela, Desmond Tutu, et Franz Fanon 
 
Jamati: Quand est-ce que nos lecteurs pourront  voir des avant-premières. Aussi, quelle est la date officielle que “ I Bring What I love” sera dans les salles de cinéma aux États-Unis?
 
Chai:
Dans la ville de New York, le film sortira le vendredi 12 Juin au Paris Theater, IFC Center, et BAM Rose Cinemas à Brooklyn. En Californie, le film s’ouvre à Los Angeles le vendredi 3 Juillet au Laemmle Sunset Theater, ainsi qu’à Santa Barbara, le 17 Juillet au Théâtre Plaza de Oro, à Monterey, le 17 Juillet au Osio Theater, et à San Luis Obispo, le 14 Aout au Palm Theater. Le film s’ ouvre aussi à Atlanta, GA, le 31 Juillet au Tara Regal Theater, à Austin, Texas, le 14 Aout au Théâtre Regal Arbor et à Milwaukee, le 25 septembre au Festival du film de Milwaukee. Toutes ces informations peuvent être trouvées sur notre site web et sur notre page facebook. 
 
Jamati: Va-t-il aussi être diffusé en Europe et en Afrique?

Chai: Le film est sorti en Hollande en Janvier 2009. Il sortira cet été en Belgique, Allemagne, France, Japon et en Australie. Dans le cadre de l’Afrique, la toute première séance a été vu, il ya un peu plus d’un an, par les amis et la famille à Dakar. Après, le film a été vu en avant-premières lors du FESPACO 2009 et sera diffusé plus tard cette année au FESMAN 2009 à Dakar. C’est vraiment important pour moi et Youssou de tout faire de ce qui en est de notre pouvoir de faire voir le film à plusieurs audiences en Afrique. Soyez définitivement attentif aux nouvelles de ce plan. 
 
Jamati: Sur quel projet travaillez vous actuellement? Parlez-nous de certains de vos films et autres dinstinctions.

Chai: J’ai travaillé avec un “Emmy winning Award”cinéaste, Scott Duncan, documentant le rally Paris-Dakar 2007, et deux courts métrages pour le “ESPN” prestigieux Arthur Ashe “Courage Award”. La première partie figurent des filles qui jouent au football  aprés la guerre des talibans en Afghanistan. La deuxième partie suit une équipe de basket-ball de la Nouvelle-Orléans qui ont émergé de la dévastation de l’ouragan Katrina pour gagner le “2005 All-State Championship”. J’ai reçu des donations de fondations comme celles de “Ford Foundation”, “Rockefeller Brothers Fund” et “William et Mary Greve Foundation”. Youssou Ndour: I Bring What I Love marque mon premier long-métrage documentaire. Je suis actuellement un film sur Touba et le grand Magaal, il sera terminé dans un an environ.

Jamati:  Dites à nos lecteurs comment ils peuvent soutenir votre dernier dernier film : I Bring What I Love .chai81.jpg

Chai: Allez voir le film d’ouverture le week-end du 12 Juin,  et quand il sortira dans les salles de cinéma pas loin de vous, amenez vos amis, famille et collègues! 

Jamati: Quel est votre message aux millions de fans de Youssou Ndour ?

Chai: Oui, les gens pourront apprecier les magnifiques images du film et une bonne musique et ils seront aussi inspires par l’histoire fascinante de Youssou, mais les gens doivent aussi aller voir le film parce qu’il y’a beaucoup plus que cela en jeu.

C’est trop rare que l’Afrique soit l’objet de ce type de cinéma et ce genre d’attention. Pour le bien de l’Afrique, s’il vous plaît aidez-nous à diffuser le film et faire passer le message de Youssou pour “l’Espoir” en Afrique. Parmi les images du sida en Afrique, la guerre et la pauvreté qu’on montre dans les medias Américains, notre film est une chance pour les Américains de voir une représentation positive de l’Afrique dans les médias. En outre, il est trop rare que les histoires vont en dessous de la surface et qu’ils donnent des vues nuancées d’un islam tolérant.

Jamati: Merci beaucoup Chai de votre temps. Ce fut un plaisir de faire cet interview exclusif avec vous. Nous vous souhaitons beaucoup de succés dans vos futurs projets and une grande réussite lors de l’ouverture le 12 Juin à New-York de “I bring what I love”.

Chai: Ce fut avec plaisir. Merci à jamati.


 
  
 

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